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Historique

Le Centre Montaigne, créé par Claude-Gilbert Dubois en 1980, a d’abord eu pour vocation de rassembler, autour de la figure du célèbre écrivain bordelais dont notre université porte le nom, les chercheurs, littéraires, linguistes, historiens, philosophes qui s’intéressaient tout particulièrement à son œuvre et à sa réception. Des colloques, suivis de publications, ont donc d’abord été organisés à l’Université Michel de Montaigne par Claude-Gilbert Dubois, notamment pour célébrer les événements marquants de la vie de Montaigne ou la publication des Essais.

Tout en plaçant au cœur de ses préoccupations scientifiques l’œuvre du philosophe, le Centre Montaigne a ensuite élargi son domaine de recherches à l’ensemble du XVIe siècle et à ses composantes historiques, linguistiques, littéraires, artistiques, pour s’ouvrir à des problématiques plus largement européennes, caractéristiques de la période s’étendant du début du XIVe siècle à la fin du règne de Henri IV et au début du classicisme. Ce faisant, le Centre Montaigne a étendu et approfondi ses investigations et produit un ensemble de recherches allant du Moyen Âge pré-renaissant (XIVe et XVe siècle) jusqu’au début du XVIIe siècle, avec des colloques, un cycle de conférences et des publications spécialisées éditées à Bordeaux, Paris et Genève. Durant son implantation au LAPRIL et à CLARE, ce sont donc trois siècles que le Centre Montaigne a envisagé avec ses chercheurs et ses travaux.

En 2005 en effet, au moment de la fondation des équipes TELEM, d’une part, LAPRIL d’autre part, lors de la préparation du CQR du LAPRIL, le Centre Montaigne a demandé son rattachement au LAPRIL, avec des projets spécifiques et le souhait de pouvoir collaborer, dans une parfaite continuité chronologique, avec le CEREC (Centre d’Études et de Recherches sur le Classicisme européen) dont il partageait l’orientation pluridisciplinaire. Anne-Marie Cocula, Danielle Bohler, puis Françoise Argod et, enfin, Françoise Argod en collaboration avec Catherine Magnien ont successivement dirigé ce Centre jusqu’en 2010, date à laquelle Françoise Argod a pris à son tour sa retraite, son poste étant supprimé.

Cet historique vaut pour héritage. L’équipe s’est récemment renouvelée et, même s’il n’y a plus actuellement de Professeur de Littérature ou de Langue du XVIe siècle en activité à CLARE, elle fait preuve d’un grand dynamisme et elle peut toujours compter sur l’expérience et la capacité d’élaborer des projets de chercheurs plus âgés qui sont toujours très actifs et qui comptent parmi les spécialistes les plus reconnus, au niveau national et international, de la période littéraire étudiée (XVe-XVIe siècles). Le nouveau professeur nommé à TELEM en 2011, lors du départ à la retraite de Catherine Magnien, a souhaité inscrire ses propres travaux dans le Centre Montaigne et CLARE a accepté d’en faire un espace de recherche collaboratif pour les personnels des deux équipes.

L’identité historique du Centre Montaigne au niveau local est forte, elle peut bénéficier de soutiens multiples, venant de la Région, de l’Université, des institutions culturelles.

Les membres

Ne sont mentionnés que les membres qui ne sont rattachés à aucune autre unité de recherche, en France ou à l’étranger.

La reponsable du Centre Montaigne à CLARE est Cristina Panzera.

LABERE Nelly, MCF, Université Bordeaux Montaigne.

PANZERA-PISTOLESI Cristina, MCF, Université Bordeaux Montaigne.

POULET Françoise, MCF, Université Bordeaux Montaigne.

SULTAN Agathe, MCF, Université Bordeaux Montaigne.

ARGOD Françoise, PR honoraire, Université Bordeaux Montaigne.

BOHLER Danielle, PR honoraire, Université Bordeaux Montaigne.

Bouscharain Anne, Pr. agrégée en CPGE (Lycée Camille Jullian, Bordeaux)

Dubois Claude-Gilbert, PR honoraire, Université Bordeaux Montaigne.

Les manifestations

Depuis 2011, le Centre Montaigne s’est engagé au sein de CLARE dans diverses actions : séminaires interdisciplinaires doctoraux,  journées d’étude et colloques, suivis de publications, actions souvent menées en partenariat, en particulier en lien avec les thèmes transversaux de CLARE Éducation et humanisme ou Les écritures de l’histoire. Les travaux ont été fédérés autour des questions d’écriture, suivant deux grands axes, d’une part, la question des normes qui façonnent l’écriture, lui offrant des cadres de pensée, de rhétorique ou de style qui sont adoptées ou contournées ; d’autre part, la question de l’épistolaire, qui gagne ses lettres de noblesse au sortir du Moyen Âge et que les besoins nouveaux de l’administration remettent sur le devant de la scène.

     A. Actions de formation par la recherche

    B. Les normes en question

Deux actions internationales ont été menées sur cette question. La première a envisagé la tension existant entre les usages des multiples normes présentes dans les textes de la fin du Moyen Âge et leurs déviances, les contre-modèles qui en découlent. La seconde s’est intéressée à l’appareillage rhétorique qui norme les textes et à son devenir stylistique qui suit mais aussi transforme cet héritage dans la singularité d’une écriture.

On pourra lire le compte-rendu de chaque colloque sur la page à lui consacrée (suivre les liens) :

→ Publication : Nelly Labère (dir.), Texte et contre-texte pour la période pré-moderne, Bordeaux, Ausonius, 2013.

→ Publication : Rhétorique, stylistique et poétique : entre théorie et pratique, co-dir. Anne Bouscharain et Danièle James-Raoul, Pessac, Presses universitaires de Bordeaux, coll. « Eidôlon », 112, 2015.

    C. L’écriture épistolaire

Responsable : Maria Cristina Panzera.

L’écriture épistolaire a fait l’objet d’une attention théorique constante depuis les artes dictaminis médiévales jusqu’aux modi epistolandi des humanistes et aux traités pour secrétaires en langue vernaculaire qui apparaissent au XVIe siècle en Europe. La question de la continuité entre modèles humanistes et livres de lettres à la Renaissance n’a pas encore reçu l’attention qu’elle mérite, puisque les critiques se concentrent davantage sur l’invention de l’imprimerie et donc sur le paradigme de la rupture culturelle (nouveau public, nouvelles formes de communication). C. Panzera a étudié particulièrement la figure de F. Sansovino, premier théoricien de l’art de la lettre en langue vernaculaire en Italie (Del Secretario, Venise 1564) afin d’éclairer les liens avec l’humanisme latin du XVe et l’enseignement d’Erasme. De nombreuses publications ont été faites sur le sujet.

D’autre part, l’organisation d’une journée d’étude puis d’un colloque a permis l’élargissement de cette problématique de recherche et la constitution d’un réseau de collaborateurs avec des partenaires italiens, espagnols et canadiens.

On pourra lire le compte-rendu de chaque colloque sur la page à lui consacrée (suivre les liens) :

→ Publication : un ouvrage augmenté d’autres contributions : Maria Cristina Panzera (dir.), L’exemplarité épistolaire, Pessac, PUB, coll. « Eidôlon » 107, 2013.

→ Le volume collectif issu de ce colloque est en préparation chez Classiques Garnier et devrait paraître au printemps 2015.

    D. Itinérances spirituelles

On pourra lire le compte-rendu de chaque colloque sur la page à lui consacrée (suivre les liens) :

 Projets du Centre Montaigne

    A. Les liens entre littérature et musique à la fin du Moyen Âge

Responsable : Agathe Sultan.

Le vaste programme de recherche envisage un lien essentiel à considérer et qui façonne encore la poésie au XVIe siècle. Ce travail sera essentiellement de publication : trois volumes spécifiques sont envisagés, deux sont en passe d’être terminés, le troisième en projet:

  • Poésies notées : édition des ballades, rondeaux et virelais des chansonniers de la fin du Moyen Âge, éd. critique avec la coll. de Gilles Dulong, Paris, Honoré Champion ;
  • Les couleurs de la voix, Paris, Honoré Champion ;
  • La musique et les langues.

    B. Recherches poursuivies sur l’écriture épistolaire

Responsable : Maria Cristina Panzera.

La recherche sur l’écriture épistolaire demeurant encore un champ à explorer et rencontrant les préoccupations de la petite équipe des EC du Centre Montaigne, elle se poursuivra grâce aux collaborations établies avec d’autres unités de recherche au niveau local (EA 3656 AMERIBER) et à l’international (Universités de Turin, Pise, Venise, Barcelone, Madrid). Elle pourra prendre la forme d’un projet de collaboration internationale tout d’abord entre Bordeaux Montaigne et une institution italienne, la Scuola Normale Superiore (équivalent de notre ENS) de Pise, très intéressée à ce projet (unités de recherche dirigées par les Professeurs Lina Bolzoni et Davide Conrieri). Deux EC sont ici partie prenante dans ce projet.

Maria Cristina Panzera prépare actuellement son Habilitation à diriger des recherches sur le sujet, à l’Université Bordeaux Montaigne, avec un dossier original : De l’orateur au secrétaire : la rhétorique de la lettre dans l’Europe de la Renaissance. Elle a en projet des publications et conférences sur ce domaine dont elle devient l’une des spécialistes reconnues : un article dans Bibliothèque d’Humanisme et Renaissance, 2015.

Comme ceux de Maria Cristina Panzera, les travaux d’Agathe Sultan ont récemment porté sur le domaine de l’écriture épistolaire, avec une attention particulière à fin de la période médiévale (XIVe et XVe siècles) : rapports entre artes dictaminis et écriture fictionnelle en langue vulgaire, rôle des épîtres dans la narration (notamment dans les œuvres de Guillaume de Machaut), poétique de l’envoi dans la ballade et la chanson royale, liens avec l’esthétique de la lettre. Sa participation à une édition collective des saluts d’amour du manuscrit BnF fr. 837 (dir. Sylvie Lefèvre) a débouché sur plusieurs autres travaux mettant en jeu les liens entre écriture épistolaire et sources lyriques ou orales (usage de refrains, motets, proverbes et formes lyriques dans les lettres amoureuses ; formes et enjeux génériques). L’un de ses projets concerne ainsi l’étude de la poésie des grands rhétoriqueurs, poésie souvent dite « de transition » entre Moyen Âge et Renaissance, mais où les échanges lyriques et épistolaires entre écrivains (Molinet, Crétin, Meschinot, Chastelain, etc.) témoignent déjà d’un développement humaniste du dialogue littéraire entre pairs. Ayant effectué un séjour à la Scuola Normale de Pise et parlant l’italien, Agathe Sultan pourrait prendre part à une collaboration internationale (franco-italienne) dans le cadre d’un projet européen.

À l’horizon de 2016, sera organisé un colloque Des lettres et des langues consacré à la langue utilisée dans les correspondances épistolaires particulièrement pour ce qui concerne la recherche d’un style moyen ou bas, expressif, familier voire expérimental, y compris tous les phénomènes de croisement entre différentes langues et cultures (épistolaires traduits, la place du patois, etc.).

Pour mieux intégrer à ces recherches les étudiants de master et les doctorants, l’organisation d’un SID Écritures normées et identité politique et sociale. Moyen Âge-XVIIIe siècle au printemps 2015 permettra de poursuivre le dialogue au niveau local entre littéraires, linguistes ou stylisticiens et historiens travaillant sur les formes de communication écrite en lien avec des pratiques professionnelles (les secrétaires, mémorialistes, diplomates, notaires, etc.). Une attention particulière sera portée aux formulaires et à l’enseignement de normes qui sont aussi l’expression d’une conception du pouvoir.

    C. Recherches sur l’enfant lecteur

Responsable : Maria Cristina Panzera.

En collaboration avec Florence Boulerie, du CEREC/CLARE, sera développé le projet L’enfant lecteur : histoire, pédagogie, représentations qui a déjà fait l’objet d’un SID de l’École Doctorale de Bordeaux Montaigne (le 9 avril 2014). La réussite de ce séminaire a aussi été de mettre en évidence que le sujet méritait de plus amples travaux. Une journée d’étude et un colloque sont ainsi prévus.